5 à 7 % des enfants scolarisés présentent des troubles des apprentissages, la dyslexie et le TAD/H sont les plus connus. Souvent appelés troubles dys, ils sont différents des difficultés scolaires rencontrées par 20 % des élèves. Ils se distinguent également des déficits intellectuels ou des symptômes neurologiques. Il ne s’agit pas non plus de maladies, mais de perturbations durables avec lesquelles l’enfant, l’adolescent, puis l’adulte doit composer. On compte sept formes différentes qui ont chacune des spécificités. L’échec scolaire, le mal-être et la dévalorisation jalonnent généralement le cursus de ces enfants. Pourtant, le tableau n’est pas aussi noir qu’il y paraît. Différents professionnels peuvent les accompagner et bien des compensations sont possibles. Mieux comprendre ces dysfonctionnements permet de découvrir des atouts et de garder confiance.

Différencier et connaître les troubles des apprentissages

La difficulté scolaire se distingue des troubles neurodéveloppementaux. La première est passagère. La seconde est structurelle. Le mot dys est le terme générique pour décrire non pas un, mais plusieurs désordres de l’apprentissage.

La dyslexie

La dyslexie est une perturbation du langage écrit. Elle se manifeste en lecture. La personne dyslexique lit lentement ; elle peut oublier, confondre ou inverser des lettres. Elle comprend peu ce qu’elle lit.

La dysorthographie

La dysorthographie est l’autre altération du langage écrit. La personne dysorthographique ne maîtrise pas l’orthographe lexicale (savoir écrire un mot), grammaticale (appliquer les règles d’accords) ou la syntaxe (coordonner les éléments dans une phrase).

La dysphasie

La dysphasie est une déstructuration du langage oral. Elle peut toucher la réception des messages (compréhension), l’accès aux mots et à leur agencement (syntaxe) et la production des sons (articulation). Les paroles peuvent être indistinctes, le discours est plus ou moins construit, les mots sont manquants ou imprécis. Même si elle a de l’humour, une personne dysphasique ne comprend pas toujours le second degré.

La dyscalculie

La dyscalculie est un dérèglement des compétences en numération. La personne dyscalculique peine à écrire, à reconnaître et à manipuler les nombres. Elle fait de nombreuses erreurs de comptage et de calculs. Elle comprend difficilement les problèmes arithmétiques.

La dyspraxie

La dyspraxie est une désorganisation de la motricité. Les gestes du quotidien (motricité fine) comme les mouvements (coordination motrice) sont perturbés. Le repérage visuo-spatial pose des difficultés (se repérer dans son environnement, percevoir des objets mentalement, etc.)

La dysgraphie

La dysgraphie est une forme de dyspraxie. C’est un dysfonctionnement de l’écriture (motricité fine). Une personne dysgraphique a une écriture illisible, son geste est ralenti et imprécis. Elle ne parvient pas à se repérer dans l’espace d’une feuille.

Le TDA/H

Le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (parfois écrit sans la barre oblique, TDAH) est un dérèglement de la concentration. La personne est distraite et agit avec impulsivité. Elle a peu de notion du temps et de l’organisation. Toute situation est source d’intérêt. En cas d’hyperactivité liée, il y a une agitation motrice incessante.

Les domaines d'apprentissage touchés par les troubles dys et le TDA/H.

Clarifier les troubles neurodéveloppementaux permet de distinguer les apprentissages impactés.

Faire accompagner son enfant par un professionnel des troubles dys et du TDA/H

Savoir lire, écrire, calculer ou appliquer l’orthographe ne sont pas naturels. Cela nécessite un apprentissage et une mise en situation qui peuvent révéler des obstacles. C’est généralement à l’école que les difficultés sont observées. Mais seul un professionnel de santé pourra poser le diagnostic d’un trouble développemental. Dans 40 % des cas, ils sont même associés. La dyslexie et la dysorthographie vont, par exemple, fréquemment de pair.

L’école et la difficulté scolaire

Le premier signe d’alerte, c’est la souffrance scolaire de l’enfant. S’il manifeste de l’anxiété, une fatigue importante et un découragement, il faut intervenir. Attendre, c’est laisser s’installer un mal-être profond qui peut aller jusqu’au désinvestissement. L’enseignant sait replacer en contexte les difficultés de ses élèves. Il adapte son enseignement, différencie les activités et réajuste en fonction des besoins.

Si la difficulté est persistante, des aides internes à l’Éducation nationale sont mobilisées par le professeur. À l’école primaire, par exemple, le réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED) est souvent le premier levier actionné.

Si le trouble est sévère (1 à 2 % des cas), les parents et l’équipe enseignante peuvent formuler une demande de reconnaissance de handicap auprès de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH).

Qu’il s’agisse d’une différenciation pédagogique ou d’une demande de reconnaissance de handicap, un suivi extérieur est primordial.

📚 À quoi ressemble un livre adapté pour enfant dyslexique ?

Le suivi extérieur et les différentes prises en charge

Seul un professionnel de santé est apte à dépister les troubles des apprentissages. Plus la prise en charge est précoce, mieux les difficultés seront compensées.

Le médecin de famille reste l’interlocuteur de première intention. Il aide les parents à s’orienter vers un spécialiste adapté.

  • Un orthophoniste prend en charge les questions liées à la dyslexie, la dysorthographie, la dysphasie et parfois également la dyspraxie ou la dyscalculie. Cela dépend de ses spécialités.
  • Un psychomotricien ou un ergothérapeute s’occupe des dysfonctionnements liés au corps et à la coordination.
  • Un neuropsychiatre peut établir un diagnostic de TDA/H.
  • Un psychologue est fréquemment indiqué dans ce parcours d’aides pour soutenir l’enfant. Les associations offrent aussi un soutien intéressant.

Ces professionnels sont complémentaires. Il est fréquent d’avoir des suivis pluridisciplinaires. Cela restaure l’estime de soi et permet à l’enfant de se saisir des aménagements à l’école comme à la maison.

Aider l’écolier à compenser ses difficultés

Bien accompagné, l’enfant reprendra non seulement la main sur ses apprentissages scolaires, mais il pourra aussi faire de ses spécificités des atouts précieux.

Les troubles neurodéveloppementaux : de la confiance avant tout

Il ne sert à rien de tirer sur un brin d’herbe pour le faire pousser (proverbe zen). Entrainer à lire une personne dyslexique ou faire répéter une autre dysphasique est inutile. Cela les décourage et les dévalorise. Par contre, faire un pas de côté en proposant des aménagements simples peut tout changer.

Des exemples ?

  • Une typographie espacée et épurée soulagera la lecture d’un enfant dyslexique.
  • Un support aéré aidera un élève dyspraxique à se repérer sur sa feuille.
  • L’utilisation d’un timer ou d’un casque anti-bruit accompagneront la concentration d’un enfant TDA/H.
  • Des pictogrammes découperont en étapes l’exécution d’une consigne.
  • Les livres audios rendront accessible la lecture d’un roman à un dyslexique.
  • La dictée vocale ou la reconnaissance orthographique contourneront les problèmes d’écriture.

Plein d’aménagements sont abordables à condition de sortir des schémas traditionnels d’apprentissage. Grâce à une forte capacité d’adaptation, les difficultés visibles à l’école passeront le plus souvent inaperçues à l’âge adulte.

Dys et TDA/H : quand la différence est un atout

Derrière chaque trouble, il y a des fonctionnements différents et précieux. Vous en doutez ? Savez-vous que l’une des causes de la dyslexie tient au fait que la perception en 3D est trop affûtée ? La personne dyslexique est capable de se représenter mentalement un objet sous toutes ses dimensions. Voilà comment un b devient un d lorsqu’il est retourné ! Si c’est ennuyeux pour lire, c’est avantageux en architecture ou pour composer une chorégraphie. Le besoin de changement et les intérêts variés d’une personne TDA/H sont des atouts lorsqu’il s’agit d’exploiter des compétences pluridisciplinaires, de motiver une équipe, d’enchaîner les projets ou d’envisager une carrière sportive. De nombreux emplois sont adaptés à leur curiosité.

Les personnes ayant des désorganisations neurodéveloppementales sont souvent plus créatrices et curieuses. Leur habitude de faire face à l’échec les rend ingénieuses et persévérantes. Le monde du travail recherche ces candidats qui savent s’appuyer sur les autres, qui ont une vision globale des situations, qui pensent en images, etc.

« Les dys ne sont pas des handicapés de la vie, mais des handicapés de l’école. » Pierre Lemaitre

Vous voulez des preuves ? De nombreux créateurs d’entreprise, d’artistes et de personnes publiques sont dys ou TDA/H. En voici quelques-uns :

  • Steven Spielberg est dyslexique.
  • Agatha Christie était dysorthographique.
  • Johnny Hallyday éprouvait des difficultés à lire à voix haute.
  • La cheffe cuisinière Angèle Ferreux-Maeght est également dyslexique.
  • Emma Watson est TDA/H.
  • Michel Cymès a un trouble de l’attention.
  • Et peut-être vous ou une personne de votre entourage ?

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Avoir des troubles des apprentissages, c’est fournir des efforts importants et généralement invisibles. Pour les soutenir, il n’y a pas de réponse unique. Les aides et stratégies sont à tester, à réajuster puis à adopter. Les personnes dys et TDA/H ne se résument pas à leurs dysfonctionnements. Le sens relationnel et artistique, le dynamisme et la persévérance ne sont pas des compétences moins importantes que la lecture ou les mathématiques. Ce sont des ressources et des chances à développer. Les talents sont multiples de même que les réussites.

🍀 Avez-vous trouvé les atouts qu’il y a en vous ou l’un de vos proches ?

 

Manuella Georget, pour e-Writers

Article rédigé lors du cursus de formation en rédaction web chez FRW.

Article relu par Périne, tutrice de formation chez FRW.

 

Sources :

Inserm

Ministère de la Santé et de la Prévention

Haute autorité de santé