L’impression 3D de corps humains ou « bioprinting » est un processus de fabrication additive complexe. À force d’expérimentations, le bioprinting sort de la fiction pour se rapprocher de la réalité.

Le développement d’organes artificiels ou la médecine régénérative fonctionnent déjà grâce à ses progrès.

On vous explique comment le bioprinting est une technologie innovante à suivre de près.

Bioprinting : la réalité de la bio-impression 3D

De quoi parle-t-on ?

La bio-impression 3D consiste à produire des structures cellulaires à partir de bio-encres chargées en cellules souches. Ces encres sont ensuite insérées dans l’imprimante pour construire une structure couche par couche qui imite les tissus naturels.

Les enjeux du bioprinting

Le bioprinting 3D permet déjà la reproduction de parties inanimées du corps humain comme les couronnes dentaires ou les membres artificiels.

Parmi les prochains à relever, citons notamment :

  • la vascularisation : les vaisseaux sanguins comme les capillaires sont longs, fins et tubulaires. La précision des machines est trop faible actuellement ;
  • le système nerveux : sans nerfs, les muscles créés ne peuvent pas être actionnés et ne peuvent donc pas être greffés ;
  • le temps de survie des cellules créées : les tissus encrés ne vivent pas très longtemps jusqu’à présent, car ils ne sont pas dans leur milieu naturel.

L’avenir de la bio-impression : quand la fiction devient réalité

Même si on enregistre des progrès significatifs, boostés par l’informatique quantique au service de la médecine, les scientifiques se heurtent à d’autres problématiques.

Les questions de propriété intellectuelle des modèles biologiques, de responsabilité, de sécurité, de justice sociale, d’éthique et de culture retardent la recherche.

Une technologie encore coûteuse mais très prometteuse

Les imprimantes biologiques haut de gamme sont très onéreuses. Un accès inégalitaire à cette technologie pourrait entraîner une fracture sociale. Elle diviserait les populations sur la base de leur revenu et permettrait aux plus riches de vivre plus longtemps et en meilleure santé.

En revanche, le marché du bioprinting est estimé à 1,1 milliard de dollars en 2027, contre 100 millions en 2015 (rapport du cabinet américain SmarTech).

Des systèmes plus accessibles faciliteront la diffusion de la bio-impression dans l’industrie, mais aussi dans les petites universités ou les laboratoires d’analyses cellulaires.

L’usage des cellules souches versus les nombreuses opportunités du bioprinting

La bio-impression repose sur l’usage de cellules souches. En France, la loi bioéthique de 2013 autorise, mais encadre la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Cependant, les instances scientifiques, politiques et religieuses sont en désaccord sur le sujet. Certaines l’acceptent sous certaines conditions quand d’autres s’y opposent fermement.

Toutefois, ces cellules pluripotentes sauront fabriquer plus rapidement des tissus artificiels à faible coût. Elles pourraient servir à imiter des organes et à tester l’effet de molécules médicamenteuses. Les essais pharmacologiques menés sur les animaux seraient moindres.

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Quand on sait que nous sommes composé·e·s de 90 000 kilomètres d’artères et de veines, la possibilité d’obtenir une anatomie « augmentée » par bioprinting paraît bien lointaine… Pourtant, le passage de la fiction à la réalité pourrait arriver d’ici 5 à 7 ans selon les chercheurs.

Soyons encore un peu patient·e·s. Et « décidons simplement d’être heureux » pour l’instant « car c’est bon pour la santé ! », dixit Voltaire.

Patricia SAULNIER pour e-Writers

Article rédigé lors du cursus de formation en rédaction web chez FRW.

Article relu par Anne le Tarnec, tuteur de formation chez FRW

 

Sources

Revue 3DNatives, février 2023

Article publié par l’Advanced Science en février 2023

L’interview de deux experts français par le magazine Primant3D

Article publié par l’entreprise UPM Biomedicals