Porteurs de joie et ambassadeurs de la nature jusque dans nos villes, les oiseaux font partie de notre quotidien. Vous avez sans doute déjà pris le temps d’en contempler ! Peut-être vous êtes-vous demandé leur nom ? Mais pour trouver l’espèce de chaque boule de plumes, encore faut-il savoir comment faire. Suivez-moi dans le monde passionnant de l’ornithologie et découvrez différentes méthodes d’identification des oiseaux !

Mémoriser les chants de nos amis à plumes

En général, c’est l’apparition d’un oiseau sauvage dans notre champ de vision qui nous interpelle. Il suffit qu’il soit inhabituellement proche, coloré ou imposant pour que la curiosité nous incite à l’identifier. La plupart des ornithologues débutent avec ce processus de découverte purement visuel. Ne le négligez pas : en balade, prêtez toujours attention aux mouvements autour de vous.

Cependant, pour profiter au maximum des merveilles ornithologiques, mieux vaut donner la priorité à ce que vous entendez. Souvent, les oreilles perçoivent bien plus d’oiseaux que les yeux ! Elles peuvent repérer de nombreux sifflements sans qu’il y ait l’ombre d’une plume à l’horizon.

Par ailleurs, chaque espèce possède un timbre et un répertoire uniques. Ainsi, leurs vocalisations constituent un excellent critère pour les différencier. Apprendre à reconnaître les chants d’oiseaux vous permettra de :

  • déterminer quelles espèces se trouvent dans une large zone autour de vous ;
  • savoir que des oiseaux rares (ou dont vous n’avez pas appris les mélodies) sont présents ;
  • découvrir où se cachent les plus discrets ;
  • vous détendre et vous ancrer dans l’instant présent (n’hésitez pas à aller plus loin en essayant le bain de forêt).

Vous ne savez pas par où commencer ? Essayez d’abord de mémoriser les cris et chants des oiseaux les plus répandus. La connaissance d’une trentaine d’entre eux suffit pour nommer environ 70 % des volatiles qui vous entourent (selon l’endroit où vous êtes).

Lancez-vous avec ces onze oiseaux communs et présents toute l’année :

  1. moineau domestique ;
  2. mésange charbonnière ;
  3. mésange bleue ;
  4. troglodyte mignon ;
  5. étourneau sansonnet ;
  6. geai des chênes ;
  7. merle noir ;
  8. rouge-gorge familier ;
  9. pinson des arbres ;
  10. pie bavarde ;
  11. corneille noire.

Pour savoir identifier les oiseaux à l’oreille, une seule méthode : écouter des enregistrements ! Privilégiez les ressources qui décrivent les sons et donnent des conseils pour les reconnaître, à l’instar du Studio les Trois Becs.

Retenez bien le timbre de voix des imitateurs comme le geai et l’étourneau, cela pourra (peut-être) vous épargner quelques faux espoirs !

🦉 L’astuce qui donne des ailes : quand vous entendez un oiseau, demandez-vous à quoi il vous fait penser. Par exemple, les cris de la mésange nonnette me rappellent des tirs de vaisseaux spatiaux dans Star Wars. Ce type de comparaison vous viendra plus facilement à l’esprit que de simples caractéristiques sonores.

Choisir les bons critères visuels d’identification des oiseaux

S’il est judicieux de mobiliser notre ouïe en premier, le but ultime de l’ornithologie reste l’observation ! Admirer les plumages complexes, cascades aériennes et mœurs fascinantes des maîtres des airs procure la majeure partie du plaisir.

D’ailleurs, tout le monde ne peut pas compter sur son audition pour trouver les noms des oiseaux. De même, certaines situations obligent à n’utiliser que la vision. C’est notamment le cas lorsque :

  • nous débutons et connaissons peu de chants ;
  • nous voyageons dans un lieu dont les espèces nous sont inconnues ;
  • les individus observés se montrent silencieux ;
  • l’environnement est trop bruyant pour discerner chaque son.

Alors, comment identifier les oiseaux visuellement ? Quand nous apercevons une boule de plumes, par réflexe, nous nous focalisons sur sa taille et ses couleurs.

À condition de les estimer avec précision, les dimensions sont de bons indicateurs. En revanche, les couleurs manquent souvent de fiabilité.

Elles varient selon l’âge des volatiles, et même le sexe ou les saisons chez plusieurs espèces. De plus, elles ne permettent pas de différencier rapidement les oiseaux aux nuances similaires. Cela dit, la limite principale vient de notre propre perception. En fonction de la luminosité et de ce qui se trouve derrière notre sujet d’observation, nous ne voyons pas forcément les mêmes couleurs. Il est donc plus sage de ne pas identifier un oiseau à l’aide de ces seules informations.

On trouve bien entendu des exceptions : difficile de se tromper avec un martin-pêcheur ou chardonneret élégant ! Toutefois, pour la plupart des espèces, pensez à vérifier les critères suivants :

  • la forme et la taille du bec ;
  • l’apparence des pattes ;
  • la silhouette des ailes déployées.

Ces caractéristiques vous indiqueront quel type d’oiseau vous fait face et éviteront de nombreuses erreurs. Par exemple, s’il est très facile de confondre un accenteur mouchet avec un moineau domestique, un seul coup d’œil à l’épaisseur du bec suffit pour les distinguer !

Femelle moineau domestique.

La taille du bec permet l’identification d’un moineau domestique (une femelle, plus précisément). Photo de Kev sur Pixabay.

Accenteur mouchet perché sur une branche.

Le bec fin soutient l’identification d’un accenteur mouchet. Photo de JacekBen sur Pixabay.

 

 

 

 

 

 

 

 

Adoptez ces nouveaux réflexes d’observation en vous entraînant avec les espèces d’oiseaux les plus communes. Et afin d’encourager leur présence, pensez à préserver la nature autour de chez vous.

🦉 L’astuce qui donne des ailes : prenez des photos des oiseaux ou des notes, puis consultez un outil d’identification plus tard si besoin.

Prendre en compte le comportement et l’environnement des volatiles

Chaque espèce d’oiseau est unique en son genre. Toutes possèdent une ou plusieurs habitudes que l’on ne retrouve chez aucune autre. Amusez-vous à remarquer les particularités de celles que vous rencontrez ! Non seulement elles sont fascinantes, mais vous saurez reconnaître les espèces en un claquement de doigts ! Par exemple, il n’y a que le faucon crécerelle qui maîtrise le vol du Saint-Esprit (maintien d’une position stationnaire à l’aide de battements d’ailes très rapides). La sittelle torchepot, quant à elle, est le seul oiseau qui descend le long des troncs d’arbres la tête en bas.

Si la situation se présente, prêtez également attention à l’alimentation des sujets observés. S’agit-il de rongeurs, insectes, graines, fruits ou poissons ? Leur régime peut parfois vous aider à confirmer ou invalider une hypothèse d’identification.

Par ailleurs, prenez conscience de l’environnement autour de vous. Les habitants ailés des forêts diffèrent de ceux du bord de mer, des champs ou des villes. La présence d’un plan d’eau ou de certaines essences d’arbres, par exemple, constitue aussi un indice précieux. En outre, il peut être intéressant de définir si l’oiseau est solitaire ou grégaire (accompagné de congénères de son espèce).

Lorsque vous cherchez le nom d’une boule de plumes, la période et la zone géographique sont déterminantes. En fonction de la saison, nous n’observons pas les mêmes espèces. Une partie quitte la France durant l’automne et l’hiver, une autre y fait escale lors de ses migrations… Ainsi, n’oubliez pas de contrôler la cohérence de vos identifications, surtout si vous hésitez entre plusieurs possibilités. Vous ignorez si vous avez aperçu un coucou gris ou un épervier d’Europe ? En hiver, il ne peut s’agir que du second !

Gardez néanmoins à l’esprit que l’ornithologie est riche en surprises. Tout comme la réapparition d’un oiseau disparu n’est pas exclue, les oiseaux étrangers perdus et les exceptions existent !

🦉 L’astuce qui donne des ailes : procurez-vous Le guide ornitho, livre de référence pour identifier les oiseaux d’Europe. Vous y retrouverez tous les critères mentionnés ci-dessus !

➡️ Découvrez un autre article qui pourrait vous plaire : un projet de parc marin en Australie pour préserver la biodiversité sous-marine.

Multiplier les sources d’informations sur la faune aviaire

Maintenant que vous savez comment reconnaître les oiseaux, il ne vous reste plus qu’à amasser quelques connaissances et surtout, de l’expérience sur le terrain ! Bonne nouvelle : en ornithologie, vous pouvez faire les deux à la fois !

Pour découvrir de nouvelles espèces et astuces, optez pour les sorties nature organisées. Les associations de protection de la faune sauvage en proposent régulièrement. Durant celles-ci, les guides naturalistes et ornithologues partagent de précieuses informations, souvent ponctuées d’anecdotes marquantes. De quoi retenir facilement l’essentiel !

Songez aussi à visiter des réserves naturelles. Elles mettent parfois à disposition des observatoires et vous trouverez des spécialistes des oiseaux à qui poser vos questions. C’est par exemple le cas des grandes réserves ornithologiques de France, comme le lac de Grand-Lieu.

Pour des connaissances plus approfondies et exhaustives, tournez-vous vers les documentaires, les sites internet comme Oiseaux ou Ornithomedia et bien entendu, les livres sur les oiseaux. Enfin, si vous le pouvez, consultez des ressources anglophones afin de bénéficier d’un panel encore plus large.

🦉 L’astuce qui donne le sourire : pour différencier les chants du pigeon ramier et de la tourterelle turque, interrogez-vous. Le roucoulement entendu ressemble-t-il à « tour-te-relle » ou « je suis UN pi-geon » ? Technique imparable : prononcez les deux options à voix haute pour comparer… au risque de passer pour un pigeon !

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Sources :

Oiseaux du Jardin : Top 20 des espèces les plus courantes

Le guide ornitho de Lars Svensson, Killian Mullarney et Dan Zetterström, éditions Delachaux et Niestlé

 

Maurgane Dupont, pour e-Writers

Article rédigé lors du cursus de formation en rédaction web chez FRW.

Article relu par Agathe, tutrice de formation chez FRW.