La saison hivernale et le retour du froid sont souvent synonymes de disette pour les animaux sauvages. La faune aviaire de nos jardins n’en est pas exempte. Voilà pourquoi il est important de nourrir les oiseaux en hiver. Cependant, le nourrissage de ces derniers n’est pas à prendre à la légère. Où installer ses mangeoires ? Les boules de graisse sont-elles la meilleure option ? À quel moment doit-on disposer des aliments ? Découvrez dans cet article tous les conseils inspirés par les ornithologues et la LPO.

Placer ses mangeoires aux endroits stratégiques

La disposition des mangeoires dans le jardin doit être bien étudiée et répondre à plusieurs critères importants pour la sécurité des passereaux, la durabilité de la nourriture placée ainsi que l’accessibilité. Aussi, il convient d’installer idéalement plusieurs auges à différents endroits, pour qu’il n’y ait pas de conflits entre les oiseaux, mais également pour prévenir la propagation d’éventuelles maladies.

Elles doivent impérativement être à plus d’un mètre cinquante du sol pour empêcher les prédateurs comme les chats de venir faire ripaille de nos amis à plumes. La hauteur dissuadera aussi les petits rongeurs d’être tentés de dérober la pitance mise à disposition.

Pour écarter la menace d’un prédateur, les mangeoires suspendues sont plus intéressantes si elles ne sont pas directement accolées à un tronc d’arbre.

Veillez également à laisser la nourriture au sec, à l’abri des intempéries pour prévenir le développement de pourritures qui pourrait être fatal. Vous pourrez par exemple décider d’opter pour une mangeoire munie d’un toit de protection.

 

D’autres critères sont à prendre en compte : placer le récipient ni trop près de votre habitation ni trop loin, le lieu doit être dégagé et visible par l’animal. Car si elle est installée trop proche d’une vitre, la mangeoire peut entraîner des collisions.

Mangeoire de graines de tournesol sous la neige

Crédits : Aaron J Hill – pexels.com

Choisir les bons aliments pour nourrir les oiseaux en hiver

Favoriser un régime alimentaire sain

Il est impératif de sélectionner une nourriture adaptée pour qu’elle comporte les nutriments adéquats et qu’elle ne soit pas nocive. Il sera également indispensable que vous disposiez des glucides et des graisses pour résister au froid des nuits hivernales. N’hésitez pas à diversifier les types d’aliments :

  • Mélange de graines : chaque espèce ayant des besoins différents, cela permet de fournir des apports variés. Les graines contiennent naturellement des acides gras essentiels à la survie des visiteurs ailés. Les plus prisées sont celles de tournesol.
  • Boules de graisses : ce sont des solutions adaptées, car les amas de graisses sont souvent mêlés à des grains ainsi que des fruits. Gare à l’huile de palme, puisqu’elle a la fâcheuse tendance à graisser le plumage des oiseaux. Ils auront une résistance au froid moins solide avec les plumes souillées.
  • Fruits bio et de saison : un apport en vitamine est tout aussi important, car l’alimentation de la faune aviaire doit être variée (granivore, frugivore et insectivores) pour inclure des lipides, des glucides, des protéines, des minéraux et des vitamines. Il faut malgré tout être vigilant et ne pas offrir de fruits en putréfaction.
  • Insectes : ils sont naturellement présents au jardin, mais lors de l’arrivée de l’hiver ces derniers se font rares. Il sera donc possible de placer un tas de feuilles, de branchages permettant d’attirer les petites bêtes et de ce fait de proposer des proies délicieusement riches en protéines pour les petits passereaux.

Éviter les aliments gras et transformés

Toutefois, il y a des précautions à prendre et des aliments à proscrire. Cela pourrait être contre-productif tout en étant dangereux pour leur santé :

  • La nourriture humaine salée : il ne faut pas négliger que les animaux sauvages n’ont pas le même régime alimentaire que l’homme. Le sel est très mauvais pour les autres animaux. Il est par conséquent absolument déconseillé de mettre à disposition ce type de produit. N’oubliez pas que cela vaut pour les oléagineux grillés et salés (cacahuètes, graines de tournesol, etc.).
  • Le pain et le lait : ces deux denrées sont mortelles pour les oiseaux, elles sont donc à proscrire, malgré la fausse croyance que l’on a de donner des miettes de pain aux volatiles.
  • La nourriture industrielle : comme pour nous, les mets industriels ne sont pas forcément bons pour la santé, il faut donc prioriser des ingrédients de qualité, qui ne sont pas transformés.
  • Les boules de graisse avec filet : bien que votre intention soit honorable, sachez qu’elle peuvent représenter un danger pour nos amis à plumes qui peuvent se retrouver pris au piège, une patte coincée dans le filet entourant la boule de graisse. Il suffit de retirer celui-ci et d’installer la denrée dans l’une de vos mangeoires.

Commencer le nourrissage de la faune aviaire au bon moment

Choisir le bon moment pour débuter le nourrissage a son importance. Il faut idéalement commencer aux premières gelées jusqu’à la fin de la saison froide. Pendant cette période, il est plus difficile pour les oiseaux de trouver de quoi se sustenter. En plus du temps moins propice à la présence d’insectes, fruits et graines, la domination humaine avec son urbanisation détruit petit à petit les sources d’alimentation de la faune sauvage.

À l’approche de l’hiver, choisissez de préférence tôt le matin ou le soir, avant que nos amis à plumes se rendent aux mangeoires, puis, au retour des beaux jours, diminuez progressivement l’approvisionnement des victuailles. Dès le printemps, les oiseaux ont besoin de plus de protéines et vont donc se diriger vers les insectes.

Petit passereau sur une mangeoire suspendue

Crédit : David Kanigan -pexels.com

Pendant ces périodes sensibles, il faut éviter de les nourrir pour qu’ils ne soient pas dépendants de la main de l’homme et puissent subvenir à leurs besoins et ceux de leur progéniture. De même qu’un rassemblement d’oiseaux sur une même mangeoire peut propager des épidémies, ce qui serait regrettable en période de reproduction, et pourrait nuire à la communauté aviaire.

Vous pouvez par contre disposer de l’eau toute l’année, en veillant à la changer chaque jour. Pourquoi ? Car en hiver, elle risque de geler et en été de croupir. L’abreuvage est particulièrement important lors des mois chauds d’été, durant lesquels trouver des sources d’eau potable devient quasiment impossible, pour éviter à la faune de souffrir de la sécheresse qui touche nos jardins. Tous ces éléments installés au moment propice amélioreront notre façon de préserver la biodiversité.

 

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Pour aller plus loin

Maintenant que nous avons abordé l’emplacement idéal d’une mangeoire, les victuailles à prioriser et celles à bannir, ainsi que le moment pour démarrer le nourrissage des oiseaux de jardin, il y a d’autres informations essentielles à connaître. Il est primordial que les mangeoires, abreuvoirs et différents lieux de rendez-vous contenant des denrées soient récurés fréquemment.

Une hygiène irréprochable préviendra le développement d’agents pathogènes pouvant contaminer les oiseaux. Le but étant la sauvegarde de la faune sauvage, il serait dommage que votre bonne intention ait un effet inverse.

Pour ce faire, il suffit de jeter régulièrement ce qui est gâté à cause de l’humidité, puis de nettoyer à l’eau savonneuse pour se débarrasser des fientes. Il vous est possible d’employer du vinaigre blanc, qui en plus d’assainir efficacement, est un ingrédient naturel inoffensif.

« Des agents pathogènes se multiplient dans la mangeoire et infectent les oiseaux. Pour les éliminer, il faut la nettoyer avec de l’eau savonneuse, voire utiliser un peu d’eau de Javel pour la désinfecter. » — Grégoire Loïs, biologiste et directeur adjoint de Vigie-Nature,  programme de sciences participatives ouvert à tous les curieux de nature.

Vous aurez sûrement envie d’observer nos amis à plumes en train de se repaître dans votre jardin. Pour ce faire, rien ne vaut des jumelles. Car s’aventurer trop près, c’est risquer de les déranger. Si vous avez suivi nos conseils et placé les récipients dans les lieux propices à l’observation, mais assez éloignés de l’homme, vos attentes seront récompensées. Cela vous permettra par ailleurs de recenser les différentes espèces de votre jardin, en plus d’assister à un spectacle simple et magnifique.

Grâce à tous ces conseils, vous pourrez sereinement mettre en place le nourrissage des oiseaux dès cet hiver : vous œuvrez ainsi pour leur préservation et celle de la nature .

 

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Alexia Jacquard, pour e-Writers.
Article rédigé lors du cursus de formation en rédaction web chez FRW.
Article relu par Jade, tuteur de formation chez FRW.

Sources :

Site de la LPO

Muséum d’histoire naturelle

France 3 Auvergne/Rhône-Alpes